Revue de presse, article paru sur www.24Heures.ch le 14 Septembre 06.

Les promoteurs immobiliers fondent devant les pompes à chaleur.

Le cap des 100 000 pompes à chaleur installées en Suisse est franchi. Les ventes de ce système de chauffage augmentent de plus de 20% par année. Une tendance qui n’est pas près de s’inverser.

RAPHAËL EBINGER
Publié le 14 septembre 2006

BURSINS, le 13 septembre 2006, 100 000-ième pompe à chaleur installée en Suisse au château du Rosey: Walter Steinmann (à dr., directeur de l'office fédéral de l'énergie) attentif aux explications de Dario Dal Magro (à g., concepteur et installateur)/ ALAIN ROUECHE

« Longtemps considérée comme une technologie jeune, bizarre et risquée, la pompe à chaleur est devenue un standard» Les paroles ont toutes leurs valeurs, sortant de la bouche de Walter Steinmann, directeur de l'Office fédéral de l'énergie. Encore confidentielles il y a une quinzaine d'années, les ventes de ce système de chauffage sont au bénéfice d'une croissance constante depuis 1993, date à laquelle le Groupement promotionnel de la pompe à chaleur (GSP) a été créé. Hier, ce lobby pouvait savourer les fruits de ses efforts. En effet, il a fêté la 100 000e installation suisse au Château du Rosey à Bursins.

Potentiel énorme

Ces dernières années, la demande pour l'installation de pompes à chaleur (PAC) a explosé. En 2005, 12 000 équipements ont été vendus, représentant une hausse de 22% par rapport à l'exercice précédant. Et la tendance n'est pas prête à s'inverser. «Je ne vois pas venir une période de stagnation, souligne André Freymond, responsable romand du GSP. Tant que les énergies fossiles ne baissent pas, notre potentiel de développement restera énorme. J'estime que nous pouvons continuer à augmenter nos parts de marché de 20 à 25% chaque année.»

L'image de chauffage respectant l'environnement est certes un atout important - les 100 000 PAC permettent de réduire de 255 millions de litres la consommation de mazout et de 805 millions de litres les émissions de CO2 dans l'atmosphère - mais il n'explique pas le succès insolent de la branche. «Le nerf de la guerre, ce sont toujours les finances!» assure André Freymond. Car si les investissements à l'installation sont supérieurs d'environ 50% pour une villa, il suffit de 4 à 8 ans pour rentabiliser la PAC par rapport à une chaudière à mazout ou à gaz. Sans compter que la taxe sur le CO2 pourrait donner un nouveau coup d'accélérateurs à la branche.

Marché du neuf conquis

Forte de ces arguments, la PAC s'est imposée dans le marché des constructions neuves. En 2005, deux tiers de celles-ci récupèrent la chaleur de l'air, de l'eau ou du sol pour le chauffage et/ou l'eau sanitaire.

Par contre, en ajoutant le marché de la rénovation, les chaudières à gaz et à mazout restent les plus préférées des Suisses, avec 17 000 appareils vendus par année pour chaque combustible contre 12 000 pour les PAC. «Les propriétaires peinent à changer de sources d'énergie quand ils doivent remplacer leurs installations de chauffage», reconnaît Philippe Cordonier, représentant romand de l'Union pétrolière suisse.

Cela dit, avec 800 000 chaudières à mazout et 200 000 à gaz qui devront être remplacées dans les quinze à vingt ans à venir, le marché de la rénovation est un enjeu sensible. Pour rester concurrentiels, les différents acteurs de la branche fourbissent leurs armes. Le secteur pétrolier, principale victime de la montée en puissance de la PAC, défend ses parts de marché en soignant son image auprès du grand public. «Nous mettons l'accent sur le fait que la combustion de mazout est maintenant propre, puisque pratiquement plus de polluants ne sont émis, souligne avec force Philippe Cordonier. Le pétrole reste d'ailleurs une énergie d'avenir, puisqu'il y a suffisamment de réserves pour le siècle en cours.»

http://www.pac.ch/100000.html